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La Tunisie et ses femmes



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La Tunisie et ses femmes avec Rym Msadek (suite)


De père tunisien, originaire de Zarzis et de mère française, je suis née à Carthage le 19 mai 1982, une ville riche en symboles, dont  je suis très fière. Jusqu'à aujourd'hui, je suis admirative devant ces colonnes, encore intactes, qui me rappellent le passé glorieux de la Tunisie. Encore enfant, je me souviens être venue, souvent, visiter le port punique avec ses barques de pêcheurs et cette ouverture sur la mer. Il m'arrivait,souvent, de rester des heures entières à contempler le spectacle qui s'offrait à ses yeux et à rêver. A chacun de mes passages au pays, je ne manquais pas d'y retourner. A l'occasion de l'une de ces visites, je me suis aperçue un peu par hasard, que l'Institut Océanographique était situé tout près. Cela me fait sourire aujourd'hui, y voyant un signe du destin, moi qui suis devenue océanographe et climatologue.

Je suis la deuxieme fille d'une belle petite famille, ma soeur Amel étant mon aînée de 2 ans et demi. Bien qu'étant la “petite”, je tenais le rôle de la “grande” à la maison. "J'ai des souvenirs idylliques de mon enfance et des jeux avec ma soeur, pas toujours très tendres. Nous nous sommes beaucoup disputées à l'adolescence, j'avais 14-15 ans, elle, 16-17 ans, la jalousie prend vite des ampleurs irrationnelles à cet âge-là. Lorsqu'elle est partie faire ses études à Paris à 18 ans, je suis restée seule avec mes parents dans cette grande maison, et là, j'ai senti à quel point elle me manquait. Nous nous sommes très naturellement rapprochées et aujourd'hui, elle est ma meilleure amie, sans aucun doute, la personne la plus chère à mes yeux. J'admire beaucoup son parcours, son quotidien d'infirmière à Rennes, qui demande bien plus de courage et de dévouement que le mien. Elle mériterait cette “success story” bien plus que moi.

J'ai entamé mes études primaires à 6 ans à l'école Pierre et Marie Curie à Mutuelleville. Je me rappellerai toujours mon premier jour et mes douces institutrices, en particulier Mme Di Trapani, ma maîtresse de CE2 qui a même assisté à ma soutenance de thèse, l'an dernier à Paris. Les six années de scolarité à l'école primaire n'ont été que du bonheur. Je faisais partie de ces gamines qui adoraient l'école. J'ai appris à lire toute seule avant l'âge. Le désir d apprendre, apprendre tout, toujours plus vite a, dès lors, dicté ma vie. Non pas que je souhaitais être une encyclopédie et déballer mon savoir, mais j ai toujours eu soif de livres, de culture, admirative de l'intelligence des autres.


Le week end, nous allions souvent pique niquer. Borj Cedria, le Cap Bon. Les odeurs de pins, le sable. Chaque Aid nous allions à Zarzis chez ma grand-mère “Jeddaye”. Et chaque été, chez mon autre grand-mère française, “Mamie”. Les deux sont fermières. L'une au sud de la Tunisie, l'autre au nord de la France. J'adore le sud tunisien. Les gens sont différents de ceux de la capitale. On a l'impression que le temps ne s'écoule pas à la même vitesse là bas. Cela me remet les pendules à l'heure à chaque fois que  j'y vais. Je retrouve le sens des priorités, des plaisirs simples et de l'amour infini d'une grand-mère qui continue à  m'impressionner par sa force. Jeddaye a 92 ans aujourd'hui. Elle a une grande force de caractère, c'est un roc! Je la revois quelques années en arrière se soucier de ses poules, de ses chèvre. Ont-elles mangé, ont-elles bu? Et refusant chauffage en hiver, ventilateur en été. Le confort la rend mal à l'aise. Elle a bien raison, on est devenu des petites natures de nos jours. Jeddaye ne sait pas lire. Mais le savoir et l'intelligence ne se limitent pas aux livres. La sagesse et l'héritage des anciens sont très précieux. C'est notre identité, notre passé et notre futur. Jeddaye est une encyclopédie d'histoires, d'anecdotes sur son fils (mon père, qui a 4 frères et une soeur), "si turbulent, qui n'en faisait qu'à sa tête", mais dont elle est si fière. Je me reconnais un peu dans ce portrait.


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Ma mère, un bel exemple d'intégration

Les années passent. J'entre au lycée Pierre Mendès-France, juste en haut de l'escalier par rapport à l'école primaire. Autant dire que de nombreux visages m'étaient familiers. Le collège a été un peu plus dur pour moi, mais j'ai continué à être une “bonne élève”. Mes parents ont réussi  leur vie. Ma mère travaille depuis de nombreuses années pour une compagnie aérienne anglaise. Elle a été chef d d'agence avant de passer directrice commerciale quelques années plus tard. Pour une femme qui avait fait le pari de quitter la France pour vivre en Tunisie en 1978, sans connaître grand chose du pays, c'était un beau pari. Et un bel exemple d'intégration. Elle est plus Tunisienne que moi maintenant ! Si vous voulez faire des affaires dans les souks, elle est la reine du marchandage. Cela m'amuse beaucoup.

C'est important pour moi de voir que ma mère est heureuse en Tunisie et qu'elle parle si bien l'arabe. Faute d'avoir hérité de ses beaux yeux bleus et de sa blondeur, j'ai hérité de son don pour les langues. C'est ce que je dis lorsqu'on on me demande ici comment se fait-il que je parle si bien anglais pour une Française? Je réponds que c'est parce que je parle arabe. Et là, tout le monde me regarde avec de grands yeux sans comprendre. Oui, je suis aussi Tunisienne, je parle arabe donc je n'ai pas d'accent français quand je parle anglais, et comme je parlais déjà deux langues étant petite, l'apprentissage d'une troisième ou quatrième langue ne m'a jamais semblé si difficile.

Quant à mon père, il était le papa dont toutes les petites filles rêvaient. Joueur, rigolo, à vous raconter des histoires pendant des heures. Il était encore plus enfant que moi. Puis, un jour, il est tombé malade, et les choses ont changé. Il est allé se faire soigner à Paris. Mes souvenirs des détails ne sont pas clairs, mais je me rappelle que l'on a passé beaucoup de temps chez des amis proches et que l'on ne se rendait pas compte de la gravité de la situation, car on ne nous l'expliquait pas ou peu, sans doute pour nous protéger. Pour ma mère, c'était très dur. C'est un miracle qu' il ait survécu et lorsqu'il est revenu à la maison, il avait perdu une partie de sa motricité(bras, jambe). Grâce à la rééducation, il s'est complètement rétabli. Pour moi qui entrais en période d'adolescence, c'était très dur. Avec le temps, les choses ont bien évolué et j'ai retrouvé le papa de mon enfance. Mais je me suis rendu compte que la vie et la santé étaient fragiles, et qu il fallait vivre à l'instant présent. Aujourd'hui, je vis toujours comme si j'allais mourir le lendemain. Non pas dans un sentiment de peur, mais en vivant avec fougue et passion, et cela se ressent clairement dans mon travail et mon rapport aux autres.

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Lectrice assidue de Sartre et Camus dès l'âge de 13 ans

Les  années lycée ont été très joyeuses grâce, notamment, à la complicité de celles qui sont devenues mes meilleures amies aujourd'hui, le groupe des cinq, "Franco-Tu", moitié Tunisiennes, moitié autre chose, Françaises ou Canadienne. Je n'ai pas besoin de les citer, elles se reconnaitront. Toutes sont parties après le bac, comme moi. Et on se dit souvent pour rigoler, mais en y croyant un peu: "Allez, on rentre toutes ensemble en Tunisie pour de bon. A cinq, ce sera moins dur." Mais, pour l'instant, cela reste à l'état de rêve. Les contraintes professionnelles et personnelles rendent difficilement concevable un tel retour. Et le pays a beaucoup changé à nos yeux. Mais on continue à se voir très régulièrement, à Paris, New York et à Tunis chaque été où l'on passe des heures à discuter et à refaire le monde.

J'ai longtemps hésité au lycée entre les filières littéraire et scientifique. J' étais passionnée par Sartre et Camus dès l'âge de 13 ans. Les cours de français étaient un plaisir indescriptible pour moi. Sans parler des cours de philo en terminale. Mais j'adorais aussi les maths, la physique et la génétique en biologie. J'ai toujours eu du mal à me mettre à la place des gens qui ne savent pas vers quelles études ou métiers s'orienter car j'ai toujours eu l'impression qu'une vie ne me suffisait pas et que le choix  d'une seule profession était une torture de l'esprit. Au collège, je voulais être journaliste ou pianiste. Puis génétitienne au lycée. Puis astronaute. Je me suis orientée vers les sciences en seconde, car je me suis dit qu'il serait possible de continuer à apprendre la littérature, la philo, par moi-même à travers les livres, tandis qu'en sciences, maths et en physique en particulier je ne pourrais pas, probablement, aller, seule, aussi loin. C'est ce que je fais aujourd'hui. Je lis beaucoup et suis toujours passionnée par des émissions de radio, des débats littéraires, des essais philosophiques sur la recherche du bonheur, le sens de la vie et autres sources de noeuds au cerveau. Par ailleurs, je m'amuse beaucoup à faire des sciences. C'est vraiment une chance de faire un boulot qui nous passionne, de se lever le matin heureuse d' y aller. Surtout vu le temps que l'on passe au travail. Mais le tableau n'est pas toujours rose. Je ne vis pas dans le monde des bisounours! Souvent, c'est dur, très dur. Etre entourée de gens brillants, ce n'est pas facile. Je ne me situe pas du tout sur la même échelle qu'eux. Il y a toujours plus fort et plus intelligent que soi, fort heureusement. Quelque part, je me sens tirée vers le haut, c'est stimulant. Mais parfois je me sens toute petite, aussi.


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Après le lycée je suis partie faire une classe prépa math-sup, math spé à Paris. Cela n'a pas été facile au début. J'arrivais avec mon grand sourire, un peu naïve et découvrais la dureté de la vie parisienne. Accepter des notes médiocres les premiers mois était dur à encaisser. Mais je l'ai surmonté et j'ai réussi à intégrer l'école d'ingénieurs que je voulais à Bordeaux pour faire de la modélisation mathématique et mécanique. Elle n'avait pas le prestige de l'Ecole Polytechnique que je n'ai même pas essayé d'intégrer, d'ailleurs. Je savais que je n'avais aucune chance. Cela a été dur à admettre au début, mais c'était aussi, une belle leçon d'humilité. C'est important d'être conscient de ses limites. Dans mon cas, je ne dis pas que je n'étais pas assez douée, mais ces concours sont la conjonction de plein de circonstances pour réussir. La plupart des étudiants autour de moi n'avaient que leurs études à gérer, l'argent tombait tout seul, leurs parents étaient ingénieurs donc ils connaissaient le système, ils rentraient chez eux le week end pour trouver du réconfort. Moi, je découvrais la difficulté de la vie d'adulte. Je travaillais l'été pour gagner de l'argent pour l'année d'après. Tout était dur. Mais j'ai beaucoup appris, et j'ai grandi. Quelques années plus tard, durant ma thèse, je me suis retrouvée à enseigner à l'Ecole Polytechnique. Un petit clin d'oeil à la vie.

J'ai eu la chance de travailler à l'étranger durant mes années d'école d'ingénieurs. Je suis allée faire un stage  au Japon, à l'université de Kyoto. Trois mois dans une université presque exclusivement masculine, à travailler sur la théorie cinétique des gaz modélisée par l'équation de Boltzmann(ça fait rêver, non?) C'était une expérience inoubliable qui m'a beaucoup marquée et qui a été le point de départ de mon envie de faire de la recherche. J'ai gardé des amitiés très fortes avec mes collègues japonais. Ce sont des gens durs à "percer" au début, mais une fois que le mur tombe, ils sont d'une générosité et d'une intégrité que je n'ai jamais retrouvées ailleurs. Une de mes amies japonaises est même venue plusieurs fois en Tunisie, et a pris des cours d'arabe pour comprendre ma culture, ma langue. Je suis fière d avoir propagé cette image de la Tunisie au Japon. Tous ceux que j ai rencontrés là bas avaient plutôt une image fausse voire négative de la Tunisie. Ils ne savaient pas situer la situer sur une carte, et en tant que pays arabe, ils imaginaient la Tunisie comme un pays peu développé, fermé, où les femmes ne travaillaient pas. Une image bien caricaturale. Mais plutôt que de juger, j'ai choisi d échanger. Moi non plus, finalement, je ne connaissais pas grand chose de leur culture et j'avais des préjugés. On en est tous ressortis grandis.


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Mon stage de troisième année, le dernier avant le diplôme, je l'ai fait en Nouvelle Zélande, à Wellington, la capitale. Et c'est là que j'ai commencé à faire de l'océanographie. Mon stage m'a passionnée et je me suis dit, c'est cela que je veux faire plus tard. Bien qu'étant ingénieur, je ne me suis jamais vue travailler en entreprise. J'ai un besoin extrême de liberté et d'indépendance, et j ai besoin de sentir que ce que je fais me passionne, d'une part et est utile à la société, d'autre part. Bien sûr, j'aurais bien pu postuler un emploi très lucratif. Mais, mon objectif principal n'est pas de gagner de l'argent. Je fuis l'argent en fait, et je ne supporterais pas un métier où je gagnerais trop.

En rentrant de Nouvelle Zélande, après l'été 2005, j'ai entamé une thèse en océanographie à Paris. Cela sonne moins bien que faire de l'océanographie en Nouvelle Zélande, c'est sûr. Mais, en fait, je travaille surtout avec des modèles numériques où l'océan est une boîte dans un gros ordinateur. Etre au bord de l'eau n'est donc pas nécessaire bien que plus agréable que les tours de Jussie. Il vaut mieux être dans une université qui a les moyens  d'utiliser des super calculateurs.

Mes trois années de thèse ont été une très belle expérience. J'ai beaucoup appris. C'était dur parfois, car le rythme de travail était très intense. Je ne pouvais jamais rentrer plus d'une semaine, en Tunisie, car il y avait toujours des choses à préparer, des projets, des articles, des conférences, etc. Mais cela valait la peine. C'était une bataille personnelle avant tout, j ai donné beaucoup et je pense que jai gagné au change. Partir pour les Etats Unis paraissait assez naturel après, car c'était le meilleur endroit  pour continuer ma carrière et apprendre encore. Je me plais ici. La ville de Princeton est petite mais New York est très proche et c'est une ville extraordinaire. Pour quelqu'un avide de vie et de culture comme moi, c'est la ville idéale. Je m'y rends presque tous les week end. J'ai aussi la chance de voyager beaucoup pour mon travail, donc de voir différents coins des Etats Unis. Me rendre compte de la richesse et de la complexité de ce pays et des spécificités de chaque Etat. 10 mois après mon arrivée ici, j'en ai vu plus que mes deux co-locataires qui sont... Américaines !


Le fait de vivre à l'étranger est paradoxalement plus facile pour moi, car si je le suis ici, je sais pourquoi. Alors qu'en Tunisie ou en France, je suis toujours perçue comme une étrangère. En Tunisie, où dès que je parlais arabe, on reconnaissait mes origines françaises, alors qu'en France, du fait de mon nom, je suis considérée comme Tunisienne. Cette notion de double culture/ double identité est une richesse, mais un fardeau très lourd à porter, aussi. C'est difficile de faire comprendre qu'on est les deux. Française et Tunisienne. Que de fois m'a t-on posé, au point de ne plus vouloir y répondre, la question: “tu te sens plutôt Française ou plutôt Tunisienne?”. Cela me rappelle une autre question qu'on me posait fréquemment lorsque j'étais enfant: “tu préfères ton papa ou ta maman?”. Pourquoi faut-il choisir? Bien sûr que je me sens les deux. J'aime mon père et ma mère. Je suis Tunisienne et Française. La Tunisie est mon pays, c'est ma terre natale, ma famille, ma maison. Mais j'ai aussi reçu une éducation française. Mon goût pour la littérature française, le théâtre, la musique classique, le jazz, la randonnée, c'est plutôt mon côté français. Je suis le résultat d'un riche et savoureux mélange. Et je transmettrai cette double culture à mes enfants.

Mon père me dit souvent que je peux servir mon pays même en étant loin. J'espère faire beaucoup pour la Tunisie, un jour. Je ne pense pas rentrer dans un futur proche. Mais je garde à l'esprit d'apporter ma contribution un jour, bientôt. A travers des collaborations, des enseignements er d'autres idées que j'ai en tête. Je garde des contacts avec des personnes en Tunisie qui font des choses liées à mes recherches, ou liées à l'environnement, et je pense que ces contacts se consolideront et aboutiront à quelque chose de concret un jour. Lorsque j'aurai acquis plus de savoir, plus d'expérience. Pour l'instant, j'en suis à la phase d'apprentissage.

Source : http://www.leaders.com.tn-

La Tunisie et ses femmes avec Gisèle Halimi

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La Tunisienne qui refuse la résignation


Son nouveau livre : "Ne vous résignez jamais"


Dans la voiture qui la mène d'Hammamet à Nabeul, Maître Gisèle Halimi, 81 ans et toujours pimpante, inlassable porte-parole de la cause des femmes, se repasse toute son enfance en Tunisie. Toute la journée de cet été précédent, magnifique, elle n'a cessé d'écrire, de sculpter, de raboter et de ciseler son manuscrit. Son dernier ouvrage, " Ne vous résignez jamais " qu'elle a présenté  le dimanche 8 mars 2009  à  la Télévision (sur La 5), invitée de Serge Moati dans Ripostes, en ce jour international de la femme, c'est en Tunisie qu'elle l'a porté. La petite fille de La Goulette, n'a rien oublié de la construction de son engagement pour la féminité, pour le féminisme. En transmission, c'est à sa petite fille, de 16 ans et demi, qu'elle a voulu écrire un texte qui l'accompagne, pour restituer les fondamentaux de son combat. Un combat pour l'avortement, contre le viol, la violence et en faveur de la parité hommes/femmes dans tous les domaines.

Ce soir-la, au patio du BonKif de Nabeul, Gisèle, fatiguée par tant de concentration sur son manuscrit, est heureuse de pouvoir boucler l'ouvrage, après 15 mois, le portant  partout avec elle. Comme elle le mentionnera dans le dernier chapitre, jusqu'à " En Tunisie, en vacances dans ma terre natale, pour mesurer, à l'écume des vagues et au goût des poissons grillés, la force des racines en même temps que leur mise à distance pour ma vie."

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De nouveau à l'écran, ce lundi 9 mars, invitée du JT de France2 à 13H, Gisèle Halimi replonge dans ses racines nourricières. De son vrai nom Zeiza Gisèle Élise Taïeb, elle n'était pas célébrée, comme toutes les filles, à sa naissance, le 27 juillet 1927 à La Goulette, dans une modeste famille de 4 enfants dont deux frères qu'elle devait servir, selon la tradition. Son premier combat se déclencha d'ailleurs à 10 ans contre cette pratique. Puis à 18 ans, alors étudiante à Paris, et confrontée à l'avortement. Cette cause fondatrice du droit au corps la mobilisera pour militer en faveur de la libre conception si fortement réclamée à travers le manifeste des 343 et le procès de Bobigny qu'elle organise en 1972.

A l'instinct maternel dont elle balaie l'existence, Gisèle Halimi reconnaît plutôt l'amour maternel, quitte à ce qu'il soit préférentiel, discriminatoire, comme elle l'a subi de sa mère Frtina. Elle l'a bien raconté, d'ailleurs, dans le livre qu'elle lui a dédié et titré de son prénom. Toute sa vie, elle aurait tant espéré avoir une fille, pour partager avec elle beaucoup de complicité. Mais elle n'a eu que trois garçons, Jean-Yves Halimi, avocat, Serge Halimi, journaliste au Monde diplomatique et Emmanuel Faux, journaliste à Europe 1. Mais la voila comblée par sa petite fille. Interrogée un jour par une jeune femme qui l'a interpellée : " Mais vous, personnellement, comment êtes-vous devenue féministe ? ", Gisèle a promis de lui écrire, et voila ce récit qui s'adresse à toutes les femmes, à commencer par sa petite fille.

L'ouvrage est, comme tous les livres de Gisèle Halimi, bien pensé, bien écrit, soigneusement documenté. Il nous révèle nombre de facettes cachées de Simone de Beauvoir (avec au détour quelques scènes inédites avec Jean-Paul Sartre). Gisèle et Simone, venues d'horizons différents se sont retrouvées unies par les mêmes cheminements, autour des causes communes. Humble, déterminée, bûcheuse, Gisèle sacrifie cabinet, affaires et famille, pour ses convictions militantes. On découvre aussi son activisme alter mondialiste, et toute son énergie pour refuser la résignation. C'est un message de courage qu'elle nous livre, une fois de plus.

"Ne vous résignez jamais"               
de Gisèle Halimi, Éditions Plon, 2009. 246 pages, 20,90 euros.
Source : http://www.leaders.com.tn-


A écouter :
Gisèle Halimi : itinéraire d'une féministe engagée [archive], émission: "Découvertes de Michel Drucker" sur Europe 1, 21 janvier 2009



Biographie de Gisèle Halimi

Gisèle Halimi, née Zeiza Gisèle Élise Taïeb en Tunisie en 1927, est une avocate et une militante féministe et politique française d'origine tunisienne.

Elle entre au barreau de Tunis en 1949 et poursuit sa carrière d'avocate à Paris en 1956.

Elle a été mariée, en premières noces, à Paul Halimi puis, en secondes noces, à Claude Faux, ancien secrétaire de Jean-Paul Sartre dont elle a été l'amie et l'avocate.

Fortement engagée dans plusieurs causes, elle milite pour l'indépendance de l'Algérie, dénonce les tortures pratiquées par l'armée française et défend les militants du MNA (mouvement national algérien) poursuivis par la justice française. Dans le même esprit, elle préside une commission d'enquête sur les crimes de guerres américains au Vietnam.

Féministe, Halimi est signataire en 1971 du Manifeste des 343, parmi 343 femmes qui déclarent avoir avorté et réclament le libre accès aux moyens anticonceptionnels et l'avortement libre.

Aux côtés de Simone de Beauvoir, elle fonde en 1971 le mouvement féministe Choisir la cause des femmes et milite en faveur de la dépénalisation de l'avortement.

Au procès de Bobigny en 1972, qui eut un retentissement considérable, elle défend une mineure qui s'était fait avorter après un viol, en faisant une tribune contre la loi de 1920. Ce procès a contribué à l'évolution vers la loi Weil de 1975 sur l'interruption volontaire de grossesse.

Élue à l'Assemblée nationale de 1981 à 1984 elle constate avec amertume que ses projets n'avancent pas autant qu'elle le souhaiterait et elle dénonce un bastion de la misogynie. Son amendement instaurant un quota pour les femmes aux élections a pourtant été voté à la " quasi-unanimité " par les députés, en 1982. La mise en échec de cet amendement revient au conseil constitutionnel qui le considéra comme une entrave à la liberté du suffrage et à la libre expression de la souveraineté nationale. Bien que nommée par lui ambassadrice de la France auprès de l'UNESCO, d'avril 1985 à septembre 1986, elle se déclare déçue devant un Mitterrand qu'elle juge machiavélique. Elle rejoint Jean-Pierre Chevènement à l'occasion des élections européennes de 1994 (elle figure en seconde position sur la liste du MDC). Gisèle Halimi est également une des fondatrices de l'association alter mondialiste ATTAC. L'activiste palestinien Marouane Barghouti lui a demandé d'être l'un de ses avocats.

Elle est la mère de Serge Halimi, journaliste au Monde diplomatique.

En mars et avril 2006, les chaînes RTL-TVI, TSR1 et France 2 ont diffusé Le Procès de Bobigny, un téléfilm de François Luciani dans lequel Anouk Grinberg interprète le rôle de Gisèle Halimi et Sandrine Bonnaire celui de la mère qui aida sa fille mineure à avorter.

Pour la promotion de Pâques 2006, Gisèle Halimi est promue au grade d'officier de la légion d'honneur.

Source : fr.wikipedia.org/.../kipedia.org/wiki/Gis%C3%A8le_Halimi
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La Tunisie et ses femmes avec Sonia M'Barek 

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Cantatrice, universitaire, directrice du Festival de la musique tunisienne





Une artiste comblée, une femme épanouie

Sonia M'Barek est née en 1969.
Certains héritent des fortunes de leurs aïeuls, Sonia Mbarek, elle, a hérité une belle voix de sa grand-mère qui la berçait par ses chants. Elle a également été imprégnée, dès sa prime enfance, par une certaine authenticité musicale et une justesse du goût. Et pour cause, elle a eu la chance de naître dans une famille de mélomanes qui écoutait essentiellement le charqi (oriental) et le malouf.

Bref, tous les ingrédients étaient réunis pour que la petite Sonia balbutie, à l'âge de trois ans déjà, du Leïla Mourad ! Elle était alors l'objet de curiosité de tout son entourage qui la sollicitait à chaque occasion, pour chanter. Mais timide, elle n'aimait pas se donner en spectacle. Personne ne savait, surtout pas elle, qu'elle allait passer sa vie sur les scènes de nombreux pays.

Alors que les jeunes chanteurs faisaient à l'époque leurs premiers pas à travers des émissions de télévision telle tariq ennoujoum (le chemin des stars) ou même noujoum el ghad (stars de demain), Sonia Mbarek a fait son entrée dans le monde de la chanson par la grande porte.

Sa première consécration publique fut en 1981, à côté du grand chanteur Adnane Chaouachi, un duo presque mythique ! Néanmoins, ce n'était pas sa première apparition publique, elle a en effet, été dévoilée à la télé bien avant, à l'âge de neuf ans, par feu Tahar Gharsa, et elle a chanté… un brin de malouf avec lui.

A partir de là, son aventure dans le monde de la chanson commença.  Beaucoup ont cru en elle et l'ont lancée. Des artistes, de grands noms, qui ont été pour la plupart ses professeurs, comme Mohamed Triki, Salah Mahdi et Mohamed Ben Othmane, ou encore Rachid Yedess et Mohamed Mejri, lui ont composé ses chansons. Pourtant, elle a attendu dix ans pour sortir sa première K7. Car pour cette élève sérieuse, la vie est une question de priorités : les études ensuite la production et enfin vient l'enregistrement. Et malgré tout le "brouhaha" qu'elle déclenchait autour d'elle, Sonia ne réalisait pas ce qui lui arrivait. "Pour moi, c'était toujours un jeu, ce n'était jamais un choix de carrière, loin de là. J'étais passionnée par mes études".

Pourtant, elle a bien réussi les deux, consacrée dans l'un et dans l'autre volet!
Aimant le théâtre et adorant les opérettes,  elle a travaillé, entre 1984 et 1986, au sein la Troupe de la ville de Tunis avec le talentueux Mohamed Garfi. Une expérience qu'elle aurait aimé développer davantage. Après cette parenthèse, Sonia a repris sa production personnelle. A l'heure actuelle, elle compte 150 chansons dans son répertoire, quoique majoritairement mal connues du large public. Un mélange entre le classique et le contemporain.  Ses albums depuis "Liberté" et "Tarab" jusqu'à "Wajd" et "Romance", en passant par "Tawchih", "Takht" et "Tair el meniar", ont tous un style et un cachet particuliers, sans parler de ceux qu'elle a elle-même composés.  Elle a entrepris un retour aux sources, en explorant les mystères du malouf et du charqi…"pour mieux évoluer". En 1990, elle a d'ailleurs, ébranlé l'ordre établi en osant chanter en concert le malouf, genre musical de tradition masculine dont les chansons se chantent en groupe, avec une rare participation des solistes. Sonia Mbarek fut ainsi la première femme tunisienne à avoir poussé cette porte.


Des chances inouïes

À l'âge de huit ans, elle commença ses études musicales au conservatoire où elle décrocha un diplôme de musique arabe en 1986. Elle a eu beaucoup de chance car au conservatoire tous ses professeurs étaient "des grosses pointures de la chanson tunisienne " tels  Sallami ou encore Tahar Gharsa qu'elle considère comme une véritable école, une pierre angulaire de la spécificité musicale tunisienne contemporaine. Tous ses " parrains "  l'ont qualifiée d'enfant prodige et lui faisaient même faire le tour des classes pour qu'élèves et professeurs puissent écouter sa voix au timbre exceptionnel.

Alors que les jeunes chanteurs faisaient à l'époque leurs premiers pas à travers des émissions de télévision telle tariq ennoujoum (le chemin des stars) ou même noujoum el ghad (stars de demain), Sonia Mbarek a fait son entrée dans le monde de la chanson par la grande porte.

Sa première consécration publique fut en 1981, à côté du grand chanteur Adnane Chaouachi, un duo presque mythique ! Néanmoins, ce n'était pas sa première apparition publique, elle a en effet, été dévoilée à la télé bien avant, à l'âge de neuf ans, par feu Tahar Gharsa, et elle a chanté… un brin de malouf avec lui.

A partir de là, son aventure dans le monde de la chanson commença.  Beaucoup ont cru en elle et l'ont lancée. Des artistes, de grands noms, qui ont été pour la plupart ses professeurs, comme Mohamed Triki, Salah Mahdi et Mohamed Ben Othmane, ou encore Rachid Yedess et Mohamed Mejri, lui ont composé ses chansons. Pourtant, elle a attendu dix ans pour sortir sa première K7. Car pour cette élève sérieuse, la vie est une question de priorités : les études ensuite la production et enfin vient l'enregistrement. Et malgré tout le "brouhaha" qu'elle déclenchait autour d'elle, Sonia ne réalisait pas ce qui lui arrivait. "Pour moi, c'était toujours un jeu, ce n'était jamais un choix de carrière, loin de là. J'étais passionnée par mes études".

Pourtant, elle a bien réussi les deux, consacrée dans l'un et dans l'autre volet!
Aimant le théâtre et adorant les opérettes,  elle a travaillé, entre 1984 et 1986, au sein la Troupe de la ville de Tunis avec le talentueux Mohamed Garfi. Une expérience qu'elle aurait aimé développer davantage. Après cette parenthèse, Sonia a repris sa production personnelle. A l'heure actuelle, elle compte 150 chansons dans son répertoire, quoique majoritairement mal connues du large public. Un mélange entre le classique et le contemporain.  Ses albums depuis "Liberté" et "Tarab" jusqu'à "Wajd" et "Romance", en passant par "Tawchih", "Takht" et "Tair el meniar", ont tous un style et un cachet particuliers, sans parler de ceux qu'elle a elle-même composés.  Elle a entrepris un retour aux sources, en explorant les mystères du malouf et du charqi…"pour mieux évoluer". En 1990, elle a d'ailleurs, ébranlé l'ordre établi en osant chanter en concert le malouf, genre musical de tradition masculine dont les chansons se chantent en groupe, avec une rare participation des solistes. Sonia Mbarek fut ainsi la première femme tunisienne à avoir poussé cette porte.



Cliquez pour agrandir l'imageUne classique ancrée dans la modernité

Depuis 1989 où elle a participé au festival de la chanson méditerranéenne à Palma De Majorque (son premier concert à l'étranger), elle était à côté de grands  dont George Dallara et le talentueux guitariste Juan Babyloni. De 1993  au 11 septembre 2001 (!), elle effectua une tournée mondiale d'au moins une soixantaine de concerts dans les festivals des musiques du monde, mais elle a aussi vécu des moments inoubliables au siège des Nations unies, à l'Académie de musique de Bâle en Suisse et à l'Opéra du Caire. Ses albums, notamment "Tawchih" et "Takht", produits par la Fnac et Virgin Méga Store, se vendent en Europe, au Japon et aux USA. "Je pense que cela m'a donné une nouvelle dimension. C'est un échange, avec ma musique qui a un cachet classique, et qui signe mon entrée dans le contemporain", analyse-t-elle.

Croyant profondément que la musique est un langage universel et qu'il faut échanger les émotions, quelle que soit la langue, Sonia Mbarek a chanté en grec, en turc, en italien, en français et en anglais ! D'ailleurs, elle se consacre depuis deux ans à la préparation d'un voyage musical en Méditerranée, un grand spectacle qu'elle espère présenter dans les capitales méditerranéennes, en 2009. Et pour cause, l'artiste est une grande partisane de l'ouverture et du dialogue musical et contre toute forme d'hermétisme culturel. "Avec la mondialisation, nous avons des repères à sauvegarder, nos garde-fous à préserver : ils sont inébranlables. Notre culture est riche car plurielle, on doit donc avancer avec ce beau mélange, en étant toujours à la quête des nouveautés. Il faut être dans la modernité tout en restant soi-même", explique-t-elle.

Super woman ?

En menant de front sa carrière musicale, Sonia Mbarek est, depuis 2005, à la tête du festival de la musique tunisienne, une fonction ardue qu'elle dirige néanmoins avec une main de maître. Et avec son DEA en sciences juridiques, elle enseigne le droit d'auteur, les droits de l'homme, mais aussi les techniques du chant arabe, et les modes et rythmes orientaux et tunisiens en tant qu'assistante à l'institut supérieur de musique de Tunis. Parallèlement, elle continue sa thèse de doctorat et milite au sein de l'association tunisienne de lutte contre le cancer tout en étant son ambassadrice de bonne volonté. Sonia Mbarek est parmi les rares chanteuses tunisiennes à réussir sa vie de couple et de famille. Mais comment peut-elle être sur tous ces fronts en même temps, tout en les réussissant ? "Très jeune, j'ai pris l'habitude de faire beaucoup de choses à la fois tout en m'appliquant à les mener jusqu'au bout. Et pas d'une manière superficielle", nous répond-elle.
Et si elle assume de nombreuses responsabilités, c'est parce que la sédentarité et la monotonie sont ce qu'elle déteste le plus, mais aussi parce que, selon elle, l'artiste a cessé d'être un simple " divertisseur " ou un "bouffon du roi". Il a désormais un rôle d'acteur culturel, social et politique très important à  jouer. Il est d'abord créateur, il doit donc produire, mais il doit aussi proposer des idées pour faire avancer le créneau musical. Elle ajoute que  "l'artiste est un communicateur, il a une grande part dans le miroitement de l'image de la Tunisie. Je m'inscris dans cette optique". Il faut dire qu'elle le fait si bien…
Avec ses nombreuses fonctions, consciente de son rôle de maman et d'épouse, Sonia consacre beaucoup de temps et accorde une attention particulière à sa famille, élément important dans son équilibre personnel. Les siens  le lui rendent bien. "Si je suis aussi à l'aise dans tout ce que je fais, c'est parce que je suis soutenue par ma grande et ma petite famille", dit-elle. Toutefois, après tout ce qu'elle a accompli et malgré son jeune âge, Sonia Mbarek a encore beaucoup de projets dans la tête qu'elle voudra réaliser. Et quand on sait, comme elle le dit, qu'une grande partie de sa voix n'a pas été explorée…

Toutes ces informations ont notamment été trouvées grâce à : La Presse.tn

La Tunisie et ses femmes avec deux imminents Docteurs

Dans le dernier magazine de la compagnie aérienne tunisienne Tunisair, magazine intitulé La Gazelle, j'ai découvert des femmes au parcours brillant dans tous les domaines de la société. La recherche scientifique a couronné deux docteurs qui incarnent le renouveau scientifique de la Tunisie: le Dr Zohra Ben Lakhdar AKrout et le Dr Habiba Bouhamed Chaabouni. La première a reçu Le prix L' Oréal-Unesco pour ses recherches en physique. Une cérémonie solennelle a eu lieu en mars 2006 au siège de l' Unesco à Paris pour honorer des femmes scientifiques qui se sont distinguées par la qualité de leurs travaux de recherche dans le domaine scientifique à travers les cinq continents.


A cette occasion, le Dr. Zohra Ben Lakhdar Akrout, chercheuse tunisienne en physique a été sélectionnée  en 2006 en tant que lauréate pour le continent africain du prix décerné par le groupe l'Oréal, en collaboration avec l'UNESCO.La lauréate tunisienne a été récompensée pour ses expériences et ses modèles en spectroscopie infrarouge et leurs applications particulièrement dans la détection de pollution et dans la médecine. Mme Zohra Ben Lakhdar Akrout s'est déclarée fière d'être tunisienne, soulignant que cette distinction concerne au premier chef la Tunisie qui à toujours misé sur la promotion de la femme et de l'éducation. Le témoignage de la lauréate tunisienne a été fortement apprécié par les personnalités politiques, scientifiques et culturelles qui ont assisté à cette cérémonie. Le Dr Zohra Ben Lakhdar Akrout est Physicienne, Professeur à l'Université Tunis II. Faculté des Sciences de Tunis. Département de Physique Campus Universitaire Tunis .


La seconde, spécialiste de génétique médicale a été primée pour ses recherches sur la prévention des maladies héréditaires. Le Docteur Habiba Bouhamed Chaabouni est Professeur à la Faculté de Médecine de Tunis. Elle est Chef de service des maladies congénitales et héréditaires à l' hôpital Charles Nicolle et Directeur du Laboratoire de Recherche en Génétique Humaine à la faculté de Médecine de Tunis.

La Tunisie et ses femmes avec Fatma Redissi

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Grâce à son talent, elle a su allier Haute couture - patrimoine Tunisien et modernité.


" Faire de la couture un vecteur de culture " Là est son maître mot.


Berlin, Montréal, Rome, Paris, New Delhi, Marrakech, Dubaï… et bien évidemment Tunis, Mme Ben Abdallah styliste de génie a déjà fait le tour de la planète avec ses créations.


Toujours entre deux défilés, entre l'atelier de création et le show-room, malgré son rythme de travail effréné, Mme Ben Abdallah reste disponible et d'une gentillesse extrême.

Récompensée par de nombreux prix, elle a reçu entre autre celui de l'Unesco - prix de l'artisanat pour les pays arabes*.
Mme Ben Abdallah participe aussi chaque année avec ses modèles à la fête du costume traditionnel qui a lieu chaque année sur toute la Tunisie le 16 mars sous l'égide du Ministère du Tourisme et de l'Artisanat.

Mme Ben Abdallah a été fort remarquée au prestigieux Caftan 2003** (Marrakech) manifestation incontournable au Maghreb dans le monde de la mode regroupant les stylistes de renom. Cet événement est aujourd'hui reconnu au niveau international (show retransmis sur les 5 continents par TV5, par les chaînes arabes Dream TV, Al Arby ART, Dubaï TV…)

Dans son atelier, Mme Ben Abdallah crée des modèles sur-mesure inédits s'inspirant du patrimoine Tunisien mais adaptés au goût du jour alliant ainsi majestueusement tradition et modernité.

Elle sublime des tissus de soie et de coton, leur ajoutant selon le modèle, broderies, dentelles, tulle, mousseline, paillettes… elle choisit des couleurs de notre temps, pour enfin faire naître des tenues et des robes plus légères et plus simples à porter.

Ses modèles inédits sont nés de son imagination sans limite et de ses recherches sur la culture tunisienne riche et variée.

Chaque modèle est un vrai chef d'œuvre pour lequel Mme Ben Abdallah utilise des techniques d'artisanat qu'elle remet au goût du jour adapte et enrichie. 

Au fil des années ce sont toujours de magnifiques collections (caftans, djebbas, foutas et blousas, pantalons, corsets et gilets, chechia, robes de soirées…) qui nous ouvrent les yeux vers un Maghreb oriental moderne où les femmes sont belles tout simplement.

Vous trouverez sur son site officiel des photos de quelques unes de ses  magnifiques créations


La Tunisie et ses femmes avec Moufida Tlatli





Plusieurs profils de femmes tunisiennes sont d'un intérêt extrême comme celui de la Cinéaste Moufida Tlatli, elle a réalisé le film tabou "le silence des Palais" en 1994 et son dernier film " La Saison des hommes "  évoque les contradictions de la société qui émerge entre tradition et modernité. En 2001, elle faisait partie du jury du festival de Cannes.



Née à Sidi Abou Said en 1947, Madame Tlatli a étudié le cinéma à Paris, où elle travailla plusieurs années pour la télévision française. Elle travailla par la suite pendant plusieurs années comme chef monteuse pour plusieurs grands réalisateurs tunisiens et arabes, mais renonça à sa carrière cinématographique lorsque sa mère fut atteinte de la maladie d'Alzheimer.

" C'était une femme silencieuse, incapable de dire non ", raconta-t-elle au Guardian. Avant la maladie de sa mère, Tlatli lui confiait la garde de ses enfants, ce qui lui permettait de répondre à ses obligations professionnelles. Lorsque sa mère tomba malade, elle fut persuadée que c'était le moyen choisi par elle pour mettre fin à une vie de servitude. Cette maladie eu un impact profond sur ses scénarios. Bien qu'elle eût abandonné la réalisation pendant plusieurs années pour s'occuper de ses enfants et de sa mère, elle y revint avec un nouveau sens de sa mission.

Dans ses deux principales réalisations, Tlatli tente d'analyser les liens entre servitude féminine dans une société largement dominée par les hommes et incapacité des femmes à se libérer elles-mêmes.




Son second film s'intitule fort justement " La Saison des hommes ". Il se passe sur l'île de Djerba, dans le sud de la Tunisie, où les hommes qui travaillent sur le continent rendent visite à leurs femmes une fois par an.




" Je montre le combat de l'intérieur. Je sais que les femmes sont émancipées. Elles commencent à se poser des questions, mais ce n'est pas le cas de toutes. Le fossé entre les femmes éduquées et non éduquées, entre la ville et la campagne, entre tel et tel milieu, l'élite et le peuple plus modeste, est permanent. Le qu'en-dira-t-on est bien plus important dans les milieux modestes " affirme-t-elle. " C'est un autre combat qu'il faut mener : l'opinion des autres qui jugent chacun de vos gestes. Tout cela fait partie de la Tunisie moderne, c'est complexe. Ce n'est pas une ligne droite. Je travaille entre les lignes... "

Tlatli voit ses films comme des tentatives visant à permettre aux gens de réfléchir. Elle se sait heureuse d'avoir un mari compréhensif, mais cela ne l'empêche pas de partager les craintes de ses personnages. " J'ai l'avantage du dialogue ", ajoute-t-elle dans l'entretien avec Barlet, " de cette possibilité de pouvoir communiquer avec mon mari, avec mon entourage, mais la quête demeure néanmoins... "

Tlatli admet être coincée dans le rôle traditionnel qu'elle déplore dans ses films. " Je suis allée chez le coiffeur ", déclarait-elle dans son entretien au Guardian, " et n'en suis pas sortie avant 13h30. Mon mari veut son repas à 13 heures pile. Je suis rentrée en courant, mon cœur battait et mes mains tremblaient malgré moi - je ne pouvais le croire. Mon mari s'est contenté d'en rire. "

 

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